Piloter la qualité de l’air d’un atelier suppose de maîtriser un vocabulaire précis, entre unités de mesure, sigles réglementaires et familles de polluants. Ce lexique de la qualité de l’air industriel réunit les définitions des termes que l’on croise le plus souvent : COV, particules, VLEP, captage, empoussièrement. Chaque entrée va à l’essentiel : ce que le mot veut dire, à quoi il sert et pourquoi il compte sur le terrain.
01COV (Composés Organiques Volatils)
Famille de substances carbonées qui s’évaporent facilement à température ambiante : solvants, hydrocarbures, certains produits de nettoyage ou de peinture. Présents dans de nombreux procédés industriels, ils contribuent à la pollution de l’air et à la formation d’ozone. Certains, comme le benzène, sont cancérigènes et strictement réglementés.
02Particules fines (PM10 / PM2,5)
Particules en suspension dans l’air classées selon leur diamètre : PM10 (inférieures à 10 microns) et PM2,5 (inférieures à 2,5 microns). Plus elles sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire. En industrie, elles proviennent de la combustion, de l’usinage ou de la manipulation de matériaux pulvérulents.
03VLEP
Valeur Limite d’Exposition Professionnelle : concentration maximale d’un polluant dans l’air respiré par un travailleur, à ne pas dépasser sur une période de référence. Elle protège la santé des salariés et peut être réglementaire (contraignante) ou indicative. On la décline en VME (moyenne sur 8 heures) et VLCT (court terme, 15 minutes).
04VME / VLCT
Deux déclinaisons de la VLEP. La VME (Valeur limite de Moyenne d’Exposition) est mesurée sur une journée de travail de 8 heures et vise les effets à long terme. La VLCT (Valeur Limite Court Terme) porte sur 15 minutes et prévient les effets aigus d’une exposition brève mais intense. Les deux peuvent s’appliquer à un même produit.
05Empoussièrement
Quantité de poussières en suspension dans l’air d’un local de travail, exprimée en concentration massique. Le Code du travail fixe des valeurs limites pour les poussières dites « sans effet spécifique », distinguant la fraction inhalable et la fraction alvéolaire. Un empoussièrement élevé justifie captage, ventilation et surveillance.
06Fraction inhalable / alvéolaire
Deux fractions granulométriques des poussières définies selon leur capacité à pénétrer l’appareil respiratoire. La fraction inhalable regroupe les particules susceptibles d’être inspirées par le nez et la bouche ; la fraction alvéolaire, plus fine, atteint les alvéoles pulmonaires. Les seuils d’exposition et les méthodes de mesure diffèrent pour chacune.
07Captage à la source
Principe de ventilation qui consiste à aspirer les polluants (poussières, fumées, vapeurs) au plus près de leur point d’émission, avant qu’ils ne se dispersent dans l’atelier. Plus efficace et économe que la dilution générale, il repose sur des hottes, buses ou bras aspirants correctement dimensionnés. C’est la solution privilégiée par la réglementation.
08Silice cristalline
Forme cristallisée de la silice (quartz notamment) présente dans de nombreux matériaux : béton, grès, fonderie, céramique. Inhalée sous forme de poussière alvéolaire, elle provoque la silicose et est classée cancérigène. Les travaux exposants relèvent d’une VLEP contraignante et d’une surveillance renforcée.
09Fumées de soudage
Aérosol de particules très fines et de gaz émis lors du soudage des métaux, dont la composition dépend du procédé et des matériaux (chrome, nickel, manganèse…). Certaines fractions sont classées cancérigènes depuis 2018. Leur maîtrise passe par le captage à la source et, si besoin, la protection respiratoire.
10CMR
Agents Cancérogènes, Mutagènes ou toxiques pour la Reproduction. Leur présence dans l’air d’un atelier impose des obligations renforcées : substitution prioritaire, système clos, captage, mesures d’exposition et suivi médical. Poussières de bois, silice, certaines fumées et solvants en font partie.
11Aérosol
Suspension dans l’air de fines particules solides ou liquides, comme les brouillards d’huile, les fumées ou les poussières. La taille des particules conditionne leur comportement et leur dangerosité respiratoire. La métrologie des aérosols s’appuie sur des prélèvements adaptés à la fraction ciblée.
12NOx
Oxydes d’azote (monoxyde NO et dioxyde NO₂) formés lors des combustions à haute température : fours, chaudières, moteurs. Ils participent à la pollution atmosphérique, aux pluies acides et à la formation d’ozone. Leurs émissions industrielles sont réglementées et surveillées à la cheminée.
13Concentration massique
Quantité de polluant contenue dans un volume d’air donné, généralement exprimée en milligrammes ou microgrammes par mètre cube (mg/m³, µg/m³). C’est l’unité de référence des valeurs limites d’exposition et des rejets. Elle se mesure par prélèvement sur filtre ou par appareil à lecture directe.
14Métrologie de l’air
Ensemble des techniques de mesure des polluants atmosphériques : prélèvements sur filtres ou tubes, analyseurs à lecture directe, capteurs. En milieu professionnel, elle sert à vérifier le respect des VLEP et à caractériser l’exposition des salariés. La fiabilité des résultats dépend de la stratégie d’échantillonnage.
15Prélèvement atmosphérique
Opération consistant à capter un volume d’air connu sur un support (filtre, tube adsorbant, barboteur) pour analyser ensuite les polluants qu’il contient. On distingue le prélèvement individuel, porté par le salarié, et le prélèvement d’ambiance, fixe. Sa qualité conditionne la validité de toute évaluation d’exposition.
16Analyseur de gaz
Appareil qui mesure en continu ou ponctuellement la concentration d’un ou plusieurs gaz dans l’air : CO, CO₂, COV, oxygène, gaz de combustion. Utilisé pour la surveillance des atmosphères de travail, la détection de fuites ou le contrôle des rejets, il doit être étalonné régulièrement pour rester fiable.
17Qualité de l’air intérieur (QAI)
Ensemble des caractéristiques de l’air respiré dans un espace clos : polluants chimiques, particules, humidité, CO₂. En industrie, elle concerne les bureaux, locaux sociaux et zones de production. Sa dégradation affecte la santé et la concentration ; sa surveillance repose sur des mesures et une ventilation adaptée.
18Odeurs industrielles
Nuisance olfactive générée par certaines activités (chimie, agroalimentaire, traitement des déchets). Bien que peu liée à un risque toxique direct, elle fait l’objet d’un encadrement réglementaire et peut être mesurée par olfactométrie ou nez électronique. La maîtrise des odeurs passe par le captage et le traitement des émissions.
19Indice ATMO
Indicateur journalier de la qualité de l’air ambiant d’une zone, calculé par les associations agréées de surveillance (AASQA) à partir de plusieurs polluants (particules, ozone, NO₂, SO₂). Il informe le public et peut déclencher des mesures en cas de pic. Il concerne l’air extérieur, distinct de l’air des ateliers.
20Protection respiratoire
Équipement de protection individuelle qui filtre ou apporte de l’air respirable lorsque la réduction à la source ne suffit pas : demi-masques à filtres, masques complets, appareils à ventilation assistée. Le choix dépend du polluant, de sa concentration et du facteur de protection requis. C’est une mesure de dernier recours dans la hiérarchie de prévention.