L’Île-de-France a connu 16 jours d’épisodes de pollution à l’ozone cet été, un niveau jamais vu depuis 2003, selon une étude d’Airparif publiée le 1er octobre. Cet ozone ne sort d’aucune cheminée : il se forme dans l’air à partir d’autres polluants, dont les oxydes d’azote émis par le trafic et par l’industrie.
- 16 jours d’épisodes d’ozone en Île-de-France à l’été 2026, du jamais vu depuis 2003.
- Pic à 240 µg/m³ le 27 juin 2026, contre 282 µg/m³ le 8 août 2003.
- Particules fines : environ 400 µg/m³ près de l’incendie de Fontainebleau le 14 juillet.
- Les oxydes d’azote (NOx), dont une partie vient de l’industrie, font partie des précurseurs de l’ozone.
Plan de l'article
Que dit l’étude d’Airparif sur l’été 2026 ? #
Airparif, l’observatoire de la qualité de l’air en Île-de-France, qualifie l’été 2026 de « hors norme ». Les épisodes d’ozone ont été à la fois précoces et longs, ce que l’association n’avait jamais observé. Le compte rendu publié par Banque des Territoires le 5 octobre relie ce bilan à un ensoleillement record.
Le pic de l’été a été atteint le 27 juin 2026, à 240 µg/m³. C’est moins que lors de la canicule de 2003, où 282 µg/m³ avaient été mesurés le 8 août, et bien moins que les plus de 300 µg/m³ relevés en juillet 1994 et en août 1998. Les épisodes ne se sont pas limités à la région parisienne : ils ont touché toute la France.
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Pourquoi l’ozone concerne-t-il l’industrie ? #
L’ozone de basse altitude est un polluant dit secondaire. Il n’est rejeté par aucune installation : il se forme sous l’effet du soleil, à partir de gaz appelés précurseurs. Parmi eux, Airparif cite surtout les oxydes d’azote, émis par le trafic routier et maritime, par l’industrie et par les incendies.
Pour un site industriel, cela veut dire que ses rejets de NOx, issus des chaudières, des fours ou des moteurs, participent à la pollution à l’ozone même loin de l’usine, et parfois plusieurs heures après l’émission. Les composés organiques volatils, rejetés par les solvants, les peintures ou les procédés de chimie, jouent aussi un rôle dans cette chimie de l’air.
Bonne nouvelle relevée par Airparif : les pics ont baissé sur le long terme, grâce au recul de certains précurseurs. L’association l’attribue en particulier aux politiques visant à réduire la place de la voiture.
Que s’est-il passé avec l’incendie de Fontainebleau ? #
L’été a aussi été marqué par les particules fines liées au feu de la forêt de Fontainebleau. À Recloses, en Seine-et-Marne, à environ 5 km des feux, Airparif a mesuré près de 400 µg/m³ le 14 juillet. C’est la deuxième concentration la plus élevée relevée en vingt ans, derrière les 503 µg/m³ mesurés à Auteuil le 7 septembre 2013 après un feu d’artifice.
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À Bois-Herpin, dans l’Essonne, à 20 km des incendies, la concentration a atteint 135 µg/m³. Les fumées ont gagné le nord-est du Centre-Val de Loire, mais pas l’agglomération parisienne.
Quels effets sur la santé des salariés ? #
L’ozone provoque de la toux, une gêne respiratoire et une irritation des yeux. Il peut aussi aggraver l’asthme et les maladies respiratoires. Les salariés qui travaillent en extérieur l’après-midi, sur un chantier, une aire de stockage ou un quai de chargement, sont les plus exposés lors des épisodes.
Lors d’un épisode, les préfectures diffusent des recommandations et, en cas d’alerte, peuvent demander aux industriels de réduire leurs émissions. Suivre les alertes de son observatoire régional de la qualité de l’air permet d’anticiper l’organisation du travail.
Ce que les sites industriels peuvent faire #
Connaître ses propres rejets reste la base : un inventaire des sources de NOx et de COV, avec leurs horaires, aide à identifier ce qui peut être décalé les jours de forte chaleur. Les opérations de peinture, de nettoyage aux solvants ou de remplissage de cuves sont souvent les plus faciles à déplacer en début de matinée.
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Le ministère de la Transition écologique rappelle, dans son dossier sur la qualité de l’air, que réduire la pollution est un enjeu de santé publique. Avec des étés plus chauds, les jours favorables à l’ozone risquent d’être plus nombreux : un plan d’action préparé à l’avance coûte moins cher qu’une réaction le jour de l’alerte.
Questions fréquentes #
Combien de jours d’ozone en Île-de-France à l’été 2026 ?
Seize jours d’épisodes de pollution à l’ozone, selon Airparif, du jamais vu depuis 2003.
L’ozone est-il rejeté par les usines ?
Non, il se forme dans l’air sous l’effet du soleil, à partir de précurseurs comme les oxydes d’azote, dont une partie vient de l’industrie.
Quel a été le pic d’ozone de l’été ?
240 µg/m³ le 27 juin 2026, contre 282 µg/m³ le 8 août 2003 lors de la canicule.
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